mardi 12 juin 2018

Adweknow : Webbe , la société que vous avez créé, a intégré il y a quelques mois Pixagility. En quoi consiste votre activité et en quoi est-elle complémentaire à l’activité de Pixagility ?

Anatole Begouen : Webbe a développé l’animation éditoriale des services replay et des offres VOD, SVOD auprès de grands clients. C’est devenu aujourd¹hui la branche nouveaux médias de Pixagility. C’est une activité qui a pour objectif de maximiser l’audience et l’engagement du consommateur. En multipliant par 5 ou 10 l’audience de nos boutiques clients nous augmentons significativement leurs revenus. Cette activité se développe très vite et est très complémentaire de l’activité historique de Pixagility car nous nous appuyons sur l’outil Pixagility : des infrastructures souples et propriétaires.

Ainsi nous proposons pour la première fois une offre intégrée pour le traitement technique et pour l’animation éditoriale des offres VOD et replay TV.

Quels sont vos principaux clients ?

En France nous sommes en charge d’une quarantaine de service replay, dont le replay premium pour les chaines de sport comme SFR Sport qui devient RMC Sport début juillet, BFM Sport, beIN Sport, La chaîne L’équipe, France TV…

Ces grands comptes nous ont choisi parce que nous partageons une vraie vision de ce que doivent être les services replay de demain pour les éditeurs et sommes à même de mettre en œuvre, dès aujourd’hui, du replay enrichi, du replay premium.

Comment définissez- vous le replay premium ?

Le replay premium repose sur trois axes.

Le premier pilier c’est la réactivité : nous mettons en œuvre les moyens pour garantir le délai le plus court entre la diffusion TV du programme et sa mise à disposition en replay. Aujourd¹hui il y a encore des programmes qui sont publiés le lendemain ou le surlendemain de la diffusion. Or le manque de réactivité peut s’avérer très pénalisant lorsque par exemple un programme d¹actualité met 48 ou 72 heures pour être disponible en replay. Nous travaillons avec des chaines d¹information ou de sport pour lesquelles ce sujet est fondamental.

Le deuxième pilier est l¹enrichissement éditorial : Sur les matchs de foot nous réalisons du clipping , nous enrichissons le contenu avec des méta-données rédigées par des journalistes au moment même de la diffusion du programme. Grâce aux outils de Pixagility nous pouvons, dès la fin de la diffusion encoder le fichier et l’envoyer de manière automatique aux différents opérateurs -à tout moment de la journée et de la soirée- ce qui accélère encore le processus.

Aujourd¹hui le service replay est partie intégrante de la mesure de l’audience et il faut mettre en oeuvre des outils pour améliorer la consommation. Plus un programme est découpé et accompagné de descriptifs pertinents, plus il a des chances de séduire le public . La qualité du visuel est aussi très importante et nous sommes amenés à fabriquer de toutes pièces certains visuels pour qu¹ils soient plus percutants ou qu’ils correspondent au format souhaité.

Quel est le troisième pilier d¹une offre replay premium ?

Le troisième pilier c’est l’animation éditoriale du service.

Comme je vous l’ai dit, la question centrale est : « Comment peut-on faire pour améliorer l¹audience de son service replay ».

L’animation éditoriale a pour objectif de fournir aux téléspectateurs non seulement des informations sur la disponibilité et la nature du programme mais aussi où celui-ci sera disponible.

Par ailleurs l’animation éditoriale consiste à respecter au maximum les événements marketing et éditoriaux des chaines et à mettre en avant les mêmes contenus que ceux promus sur les Antennes. Si une chaine réalise une programmation spéciale pour la Fête des Mères, nous allons faire le lien entre l’opérateur et la direction de l’Antenne en respectant les programmes forts de la chaine. Pour la Coupe du Monde de football 2018 par exemple, nous avons mis en place des dispositifs spéciaux pour nos clients BeIN Sports ,la chaîne l¹Equipe, SFR sport qui portent non seulement sur les matchs mais également sur tout le dispositif éditorial (émissions, commentaires d¹après matchs, magazines, résultats coulisses…).

Ce service ne concerne-t-il que les chaines de flux ?

Non. Nous agissons aussi pour des chaines de stocks car souvent les programmes qui nous sont livrés ne disposent d¹aucune métadonnées (mots clés) ni visuel. Or le programme ne peut pas être envoyé sur les plateformes des opérateurs s¹il ne contient pas ces informations-là.

Nous travaillons également avec des producteurs qui n’ont pas forcément les moyens d¹illustrer leurs programmes. Nous nous appuyons dans ce cas sur notre service spécialisé de graphistes consacré justement à l¹enrichissement éditorial.

Comment envisagez-vous le développement de votre activité en Afrique ?

Nous avons commencé à développer les mêmes services pour Pixafrica : la consommation vidéo en ligne est déjà bien présente, et la VOD via opérateur tend à se démocratiser. Nous travaillons déjà par exemple pour la chaine panafricaine EDAN ou pour les chaines du groupe Al Shanah « Passions TV » et « Savanah ». Nous proposons également nos services d¹animation des réseaux sociaux en mettant par exemple à disposition les bandes-annonces ou les barkers dans les bons formats.

Pourquoi les chaînes ont elles intérêt à externaliser ce service et à vous le confier ?

En fait les chaînes n’ont souvent ni les compétences internes ni l’envie de développer cette activité digitale car l’essentiel de leurs préoccupations est souvent orienté vers les directs, les événements de l’antenne ou l’acquisition de programmes. Par ailleurs il y a une telle exigence des opérateurs pour être qualitatif et pour être réactif que les chaînes préfèrent s¹appuyer sur une société extérieure qui leur garantit cette qualité de service. Nous proposons une solution qui leur coûte moins cher que s’ils le développaient en interne, mais nous restons très proches de nos clients qui ont souvent l¹impression que nous sommes un service interne.

 

Source : https://adweknow.com